— 3 —
l’Espagne, après une trêve de douze ans (1609-1621),la lutte opiniâtre qui a mis le sceau à sa réputation ;et, comme le dit son historien Amelot de la Iïoussaye,« il semblait que tout le monde chrétien se fût donnérendez-vous en ce petit coin de terre pour s’entre-battre : les Anglais, les Allemands protestants, lesFrançais et les Suédois allaient faire leur apprentis-sage des armes sous le comte Maurice; les Italiens,les Espagnols, les Allemands catholiques et les Polo-nais, sous son habile adversaire, le marquis AmbroiseSpinola. » Lejeune Turenne ne pouvait se trouver àmeilleure école, car si les disciples de Maurice deNassau vont peut-être un peu loin en le saluant dunom glorieux de « régénérateur de l’art militaire »,du moins a-t-il incontestablement mérité celui de« restaurateur de la tactique et de la discipline »que lui a donné Walhausen, son lieutenant et soncommentateur (’).
Maurice, dont la sévérité envers le soldat était alorsproverbiale, ne traita pas son neveu plus favorable-ment que les autres « cadets de famille » qui venaients’enrégimenter en assez grand nombre dans le camphollandais ; il voulut qu’il portât le mousquet avantd’obtenir le moindre grade — pratique d’autant pluslouable qu’à cette époque les jeunes nobles ne ser-vaient guère que dans la cavalerie et recevaient unecommission dès leur entrée au corps. Au reste, lafacilité avec laquelle Turenne accepta cette situation,le zèle qu’il mit à remplir les obligations les plus
(') Auteur de l’ouvrage didactique intitulé : “ Abhandlunr/über die Kriegshunst, in acht Bilchern », qui parut peu detemps après la mort de Maurice de Nassau.