Buch 
Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
Entstehung
Seite
4
JPEG-Download
 

— 4 —

minutieuses et les plus pénibles de son métier, don-nèrent de lui, à son oncle, l’opinion la plus avanta-geuse; et déjà Maurice entrevoyait, dit-on, dans cejeune fantassin, le meilleur de ses élèves, lorsqu’il futemporté par la maladie, à l’âge de cinquanle-lmit ans(23 avril 1625), laissant à sou frère, Ilenri-Frédéric,le commandement de l’armée des Provinces-Unies.

L’année suivante, Ilenri-Frédéric, jugeant que lenoviciat de Turenne avait suffisamment duré, luidonna une compagnie d’infanterie et le vit avec unevive satisfaction prendre à cœur ses fonctions d’offi-cier subalterne autant qu’il avait pris ses devoirs desimple soldat. Sa compagnie devint rapidement « laplus belle et la mieux disciplinée de l’année », car,« tout jeune qu’il était, il ne se reposait pas sur lessoins d’un lieutenant; il faisait faire lui-même l’exer-cice aux soldats, les dressait avec patience et les cor-rigeait avec douceur » ('). Naturellement peu portévers les plaisirs, il donnait à l’étude tout le temps quin’était pas consacré à l’instruction do sa troupe, par-lant peu, lisant beaucoup, observant encore davan-tage, ne négligeant enfin aucune occasion de cultiverson esprit, un peu lent, mais plein de sagacité et depénétration.

Nous n’insisterons point davantage sur les annéesd’apprentissage de Turenne, et il serait sans intérêtde le suivre aux sièges de Klundert, de Wiliemstadt,de Groll, de Bois-le-Duc, etc., où il conduisit suc-cessivement sa compagnie de 1626 à 1630. Partoutil servit avec bravoure et intelligence, mais, en

C) Chevalier dk Ramsay, Histoire du vicomte de Turenne.