somme, d’une manière assez obscure, et il vit finirsans regret une guerre qui, consistant à peu prèsexclusivement en attaques ou en défenses de places,« ne fournissait pas un champ assez vaste au désirqu’il avait de se perfectionner dans l’art militaire ».Ce fut alors qu’il passa en France, où il trouva auprèsdu roi et du cardinal de Richelieu l’accueil que méri-taient sa naissance et les espérances que faisaient con-cevoir ses talents militaires. Les Français de qualitéqui se trouvaient à l’armée des Provinces-Uniesn’avaient pas manqué de signaler à la cour les heu-reuses dispositions du « cadet de Bouillon », eton lui donna dès son arrivée un régiment d’infan-terie dont on put bientôt dire, comme de sa compa-gnie en Hollande, que c’était le meilleur de l’année (').Cependant, de 1630 à 1634, le jeune colonel n’eutencore qu’un rôle assez effacé. Son régiment fut biendésigné, au mois d’octobre 1630, pour faire partiede l’armée qui, sous le commandement-du maréchalde Schomberg, combattait dans le Piémont contre lesEspagnols, et une bataille allait s’engager sous lesmurs de Casale ( z ), lorsque l’annonce d’une trêvearrêta les partis près d’en venir aux mains. Turennedut revenir en France avec son régiment sans avoirtrouvé l’occasion de se distinguer et, pendant les
(’) “ J'ai vu ce matin le roi, qui m’a demandé des nouvelles demon régiment et qu’on lui avait dit que c’était le meilleur de1 armée. - (Turenne à sa mère, 29 août 1630.) Et le surlende-main : “ Mon régiment a passé aujourd’hui devant le roi, qui l’atrouvé fort beau et a dit qu’il l’était autant que le sien desgardes. „
( 2 ) >< ... On était à 300 pas et le commandement fait do donner. »(Turenne à sa mère, 27 octobre 1630.)