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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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quatre années qui suivirent, il n’eut pas la chanced’être employé.

Mais, au commencement de l’année 1634, le maré-chal de la Force, qui l’avait en grande estime, de-manda et obtint l’autorisation de l’emmener en Lor-raine. A ce moment, le duc Charles IV, allié de lamaison d’Autriche, avait vu tomber successivementtoutes ses places entre les mains des Français; il ne luirestait plus que celle de la Mothe, forteresse bâtie surun rocher isolé, près de la rive droite de la Meuse,et célèbre par les nombreux sièges qu’elle avait sou-tenus. C’était cette ville, considérée comme impre-nable, que le maréchal de la Force était chargé deréduire, et le 5 mars, les travaux d’approche furentcommencés. Ils n’avancèrent qu’avec infiniment depeine et de lenteur, à cause de la dureté de la rochequi affleurait partout aux alentours de la place; enfin,on réussit à établir sept batteries à bonne portée dubastion Saint-Nicolas et la brèche ne tarda pas à êtrerendue praticable. Mais le gouverneur de la Mothe setrouvait être un homme d’une rare énergie, et sa petitegarnison, composée d’hommes choisis, était bien réso-lue à se défendre à outrance. Un premier assaut donnépar le régiment du marquis de Tonneins, fils dumaréchal de la Force, échoua complètement : ilparaît que les assiégés avaient fait rouler du haut desremparts des quartiers de roc qui causèrent plus demal aux assaillants que la mousqueterie elle-même.Il est vrai que Tonneins s’était avancé imprudem-ment à découvert : Turenne, qui avait observé lespéripéties de l’attaque, s’y prit plus habilement,lorsque, le lendemain, son régiment fut commandé