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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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pour monter à l’assaut : il s’approcha en se défilantet, au moment favorable, lança ses hommes sur labrèche, au haut de laquelle il arriva le premier; ilparvint ainsi à s’emparer du bastion malgré une résis-tance désespérée, y fit aussitôt un logement et défiatous les retours offensifs de l’ennemi. Cette actiond’éclat, qui hâta la reddition de la place (elle capitulale 26 juillet, après cinq mois de siège), accrut encorela réputation de Turenne, et le maréchal de la Forcefit tant d’éloges de lui dans son rapport au cardinalde Richelieu que celui-ci n’hésita pas à le nommer,peu de temps après, maréchal de camp, bien qu’iln’eût encore que vingt-trois ans. Comme il n’y avaitpas encore, à cette époque, de lieutenants généraux,les maréchaux de camp venaient immédiatement aprèsles maréchaux de France.

Après la prise de la Mothe, le maréchal de laForce alla rejoindre sur le Rhin Rernhard de Weimaret tous deux se portèrent au secours d’Heidelberg,capitale de l’électeur palatin, que les troupes del’Empereur tenaient assiégée. Divers combats furentlivrés autour de cette ville, dans lesquels Turenne« fut, comme toujours, des premiers ». Mais l’ennemiayant pris le parti de décamper, la Force ramenases troupes en Alsace et les cantonna entre Wissem-bourg et Landau, où elles passèrent l’hiver.

Ce fut alors que la France intervint ouvertementdans la guerre de Trente ans, et, au printemps de1635, le cardinal de Richelieu résolut de portersimultanément ses armes dans les Pays-Bas, en Alle-magne et en Italie. L’armée destinée à opérer en Alle-magne, de concert avec les Suédois, comptait 18,000