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Campagne de 1630. — Maître de Brisach, Bern-hard de Weimar se prépara à porter aux Impériauxdes coups plus sérieux. Il concerta avec Baner, quivenait enfin de recevoir de Suède un renfort de14,.000 hommes, un plan pour transporter de nou-veau la guerre dans les États héréditaires, qu’ilsdevaient attaquer à la fois par la Bohême et par laBavière. Le général suédois rentra en Saxe, battitles Impériaux et les Saxons près de Chemnitz(44 avril), réduisit Pirna et, longeant la rive droitede l’Elbe, s’avança jusqu’à Prague, en ravageant toutsur son passage. Il prit alors position pour attendrele duc de Weimar; mais un événement imprévu fitavorter ses desseins et le força à revenir sur le Wéser.Au moment otx Bernhard, qui avait tenu à s’emparertout d’abord de Tliann, la seule place d’Alsace qu’iln’eût point encore soumise, allait se jeter sur laBavière, il fut subitement enlevé par une fièvre per-nicieuse à Neuenburg, sur le Rhin (8 juillet 4639) (').Sa vaillante armée, la meilleure portion de son héri-tage, fut convoitée par la France, la Suède, l’Empe-reur et l’électeur palatin. L’habileté et surtout l’ar-gent de Richelieu l’emportèrent : ce ministre décidales frères du duc de Weimar à renoncer à leursdroits, et le prince palatin, qui traversait la Francesous un déguisement pour se rendre d’Angleterre en
(') La mort prématurée de Bernhard de Weimar (il n’avaitque 36 ans) servait si bien les desseins de Richelieu, qui regret-tait l’Alsace donnée à cet illustre capitaine, qu’on ne manqua pasde parler d’empoisonnement. Le doute n’est plus permis, toute-fois, depuis que Bœttiger a publié dans le Wieland ’s Merkur(tome l or de 1806) les procès-vei'baux des médecins, chirurgienset “ apothicaires “ qui assistèrent à l’autopsie.