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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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berg, s’étendaient des retranchements d’un assez fortprofil, renforcés de 200 pas en 200 pas par desredoutes garnies d’artillerie et couverts en avant pardes abattis de sapins, qui formaient un obstacle aussidifficile à écarter que malaisé à franchir, v Jamaiscamp, dit un témoin oculaire ('), n’a été dans uneassiette plus forte, ni mieux retranché que celui-là. »

Il s’y trouvait pourtant un point faible : le ravinde Merzhausen, qui débouchait derrière la gauchedes Bavarois. Mcrcy l’avait bien fait fermer par desbarricades et des abattis, que gardaient des postesavancés ; mais ces précautions lui semblaient un excèsde prévoyance : ainsi qu’il le disait dans son rap-port sur la bataille, « la montagne était couverte degrands arbres et embarrassée d’épais buissons, et l’onne pouvait supposer qu’il fût possible de s’y frayerpromptement un passage » (*).

Or, Turenne connaissait, depuis sa tentative man-quée du commencement de juillet, l’existence de cechemin détourné qui permettait de tomber dans le dosou tout au moins sur le flanc de l’ennemi. Sur cetteindication, Anguien arrêta définitivement son plande bataille. L’attaque devait s’effectuer sur deuxcolonnes séparées, ou plutôt il y aurait deux attaquesbien distinctes : à gauche, le général en chef avec1’ « armée de France » marcherait à l’aSsaut des posi-tions bavaroises du Schœnberg; à droite, le maréchalavec l’« armée d’Allemagne » pénétrerait par Ivcrch-

(') La Moussayk, Relation de la campagne de 1644.

(*) Rapport du 7 août 1644 (archives de Munich). Ce rapportest reproduit dans l’ouvrage déjà cité du général Hcilmann{Feldziige der Bayent 1645, 164i und 16 i5).