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venue, très profonde ce soir-là, car un orage mena-çait, Anguien fit coucher ses troupes sur les positionsconquises ; redoutant quelque retour offensif de l’en-nemi, il fit rapprocher sa cavalerie, qui, dans laplaine, n’avait pas eu la moindre escarmouche. Leduc n’était pas sans inquiétude pour son flanc gaucheet il se demandait s’il pourrait tenir, au jour,sous le feu de l’ouvrage bavarois de la route deBrisach, qu’il s’étonnait do n’avoir pas vu intervenirdans le combat. Il était encore moins rassuré sur lecompte de son aile droite, dont il n’avait eu aucunenouvelle, mais qui était certainement aux prises avecl’ennemi, comme le bruit lointain de la fusillade entémoignait.
Enfin, un peu avant le jour, Turcnne put lerejoindre. Il n’avait pas réussi comme il l’espérait.D’abord, il avait eu encore plus de peine qu’il le sup-posait à parvenir jusqu’au ravin de Merzhausen, bienqu’il eut pris la précaution — c’est le rapport deMercy qui nous apprend ce détail — d’emmener aveclui des paysans munis de haches pour se frayer unchemin. Ensuite, un peu au delà de Wittnau, ils’était heurté aux premières barricades ennemies; ilen avait délogé les défenseurs non sans peine, et lesavait refoulés de poste en poste jusqu’à l’entrée de laplaine. Mais là, il s’était trouvé en face de 4 régi-ments d’infanterie et de plusieurs escadrons de cava-lerie que Mercy, prévenu à son quartier générald’Uffhauscn du mouvement tournant qui le menaçait,avait envoyés à temps en soutien de sa gauche. Dèslors, il avait été impossible aux Français d’avancer,car le maréchal n’avait pu amener qu’un escadron et