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d’ailleurs la place manquait à l’infanterie elle-mêmepour se déployer. Aussi s’était-on borné, de part etd’autre, à échanger des coups de feu pendant toute lasoirée et même assez avant dans la nuit.
Sur ces entrefaites, le jour se leva et, à leurgrande surprise, les deux généraux virent les retran-chements ennemis, y compris le fortin central, com-plètement évacués : Mercy avait profité de l’obscuritépour prendre une nouvelle position plus en arrière,sur le Josephsberg. « 11 est incroyable, dit le ducd’Aumale, qu’avec les distances à parcourir et lesdifficultés du terrain, le feld-maréchal ait pu, en cinqou six heures de nuit, désarmer ses ouvrages, retirerson canon et ses troupes sans que l'ennemi le soup-çonnât : Mercy exécuta cette retraite avec une dexté-rité remarquable et l’année bavaroise donna danscette circonstance un mémorable exemple d’ordre etde discipline. »
Néanmoins, si le duc d’Anguien avait marché àl’ennemi le 4 au matin, connue Turenne le lui con-seillait, il l’eût trouvé sans nul doute « dans unegrande confusion » : quelque diligence qu’ait faitMercy, il ne pouvait pas avoir eu le temps d’organi-ser ses positions. Mais Anguien, malgré toute sahardiesse, ne put se décider à demander ce nouveleffort à son armée : les pertes étaient considérables,tant à l’aile droite qu’à l’aile gauche, et la pluie, quavait commencé la veille au soir, ne cessait pas detomber: mieux valait laisser cette journée aux troupespour se remettre de leurs fatigues.
Les Bavarois, pendant ce temps, travaillaient acti-vement à se retrancher. Leurs lignes du Josephsberg,