rebrousser chemin : c’était d’Espenan,qui, « pensantque la chose n’aurait pas une si grande suite ou peut-être aussi pour se faire valoir par quelque petiteaction », avait attaqué la partie des retranchementsennemis qui était en face de lui et qui lui avait parumal gardée. Or, les Bavarois se trouvèrent en forcespour le recevoir, et c’est en vain qu’il s’acharna àvaincre leur résistance, malgré l’appui qu’il reçutdes fractions voisines, et notamment des mousque-taires du maréchal de camp Leschelle, qui fut tué là.
La bataille se trouvait donc engagée malgré lavolonté et en l’absence des chefs — et aussi malengagée que possible, car l’ardeur irréfléchie d’Espe-nan avait rendu impossible la simultanéité desattaques sur laquelle on avait fait fond à bon droit.Il fallut que la plus grande partie de l’aile droite, aulieu d’attaquer pour son compte, se portât au secoursde la gauche, repoussée avec de grandes pertes ; etcomme les Bavarois, sortant à propos de leurs lignes,étaient tombés sur les nouveaux assaillants, d’An-guien, accouru sur ces entrefaites, s’estima heureuxde dégager d’Àumont par une attaque de flanc, tan-dis que Turenne se bornait, faute de monde, à teniren respect la gauche ennemie.
Vers midi, Mercy ayant prudemment fait rentrerses soldats dans leurs retranchements, il se produisitune accalmie dont le duc d’Ànguien profita pour ral-lier son infanterie dans le vallon. A 3 heures, ilordonna une attaque générale contre le Josephsberg.Mais l’élan des troupes françaises était brisé. Agauche, Anguien ramena plusieurs fois ses troupes àla charge sans pouvoir venir ( à bout de l’opiniâtreté