l’armée de Bavière n’a pas été absolument défaite, aumoins elle a été ruinée en un point qu’elle aura biende la peine à s’en remettre. »
Mais le duc d’Anguien n’aurait-il pu faire davan-tage ou du moins s’y prendre autrement, comme lelui avait tout d’abord conseillé d’Erlacli, et les Fran-çais n’ont-ils pas payé bien cher l’avantage d’avoirfait déguerpir les Bavarois de Fribourg ? Napoléon,pour sa part, en est convaincu : « Le prince de Condé,dit-il, a violé un des principes de la guerre de mon-tagnes : ne jamais attaquer les troupes qui occupentde bonnes positions dans les montagnes, mais lesdébusquer en occupant des camps sur leurs flancs ousur leurs derrières. S’il eût pris une position domi-nant le Val Saint-Pierre, Mercy eût dès lors étéobligé de prendre l’offensive, ce qu’il ne pouvaitfaire avec une armée inférieure : il eût donc étéobligé de passer les montagnes Noires, pour regagnerle Wurtemberg, et d’abandonner la place de Fribourg,qui eût été livrée à elle-même. L’armée française aréussi le premier jour, par des efforts inouïs de cou-rage, à forcer les premières positions; mais elle aéchoué le lendemain, parce que dans les montagnes,après une position perdue, on en retrouve une tout-aussi forte pour arrêter l’ennemi. »
Le duc d’Aumale, il est vrai, s’est inscrit en fauxcontre ce jugement « de la plupart des critiques mili-taires et du premier de tous ». Il estime que « s’ilsavaient bien connu les lieux et la situation, peut-êtreauraient-ils partagé le sentiment de Turenne et deCondé », et ajoute que « l’observation de Napoléon,malgré les apparences, ne s’applique pas mieux à la