124 —
« Ayant conféré ensemble sur ce qu’il serait plusavantageux de faire, ils débattirent pendant quelquetemps si l’on n’irait pas par la Bergstrasse, en laissantFrancfort à màin gauche, pour tâcher d’arriver àIleilbronn devant l’ennemi et avoir ensuite une entréedans le pays de Wurtemberg. » Toutefois, ils seconvainquirent aisément que l’archiduc, ayant moinsde chemin à faire, arriverait sur le Neckar avanteux : ils résolurent donc de le tourner et de manœu-vrer sur son flanc gauche pour le forcer â déguerpir;ils essayeraient alors de lui couper la retraite, ou,en tout cas, l’attaqueraient pendant sa marche.
A cet effet, ils envoyèrent un détachement de1 ,ü00 chevaux se saisir du passage de la Nidda, àBonamoes. L'archiduc, devinant leur intention,dépêcha de son côté Jean de Wœrth pour occuper cepoint important; mais le général bavarois, quisemblait avoir perdu toute son activité depuis Al ler-licim, arriva trop tard, et l’armée franco-suédoise vintprendre position entre Windecken et Hanau, barrantainsi à l’ennemi la route directe du Main. 11 est vraique les Austro-Bavarois pouvaient encore se tirerd’affaire en gagnant Aschaffenburg par une marcherapide, et ils y parurent même un instant décidés;toutefois, l’archiduc,-qui ne se souciait apparemmentpas de se mesurer avec ses adversaires, — car sonarmée, affaiblie par des privations, fondait rapide-ment,— préféra revenir sur Friedberg et tenter unediversion du côté de la Wcstphalie. Il se flattaitd’attirer ainsi l'ennemi à sa suite; mais Tu renne nes’y laissa pas tromper. Sachant bien que les Impé-riaux et les Bavarois ne pourraient subsister dans