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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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une région depuis longtemps ruinée, il appela à luiles quelques troupes qu’il avait laissées à Mayence,et, sans s’inquiéter des mouvements de l’ennemi, seporta délibérément avec Wrangel sur Aschaffenburg,qui fut emporté d’assaut (22 août) : l’Allemagne duSud leur était ouverte, et le maréchal pouvait écrirece même jour : « Quoique nous n’ayons point donnéde bataille, nous avons eu de grands avantages surl’ennemi et toutes les apparences sont que nous feronsdes choses fort considérables cette-campagne » (').

De fait, rien n’empêchait plus les généraux alliésde mettre à exécution le plan arrêté au printemps.L’archiduc n’avait pas poussé bien loin, il est vrai, sadiversion vprs le nord ; mais complètement distancémaintenant, il était hors d’état de s’opposer aupassage du Danube, et l’électeur de Bavière, privéde son armée et de ses généraux, ne pouvait que faireoccuper les places fortes les plus importantes par desmilices territoriales levées à la hâte. Maximilien,malgré son grand âge (il avait alors 73 ans),s’employa du mieux qu’il put à assurer au moins cettedéfense passive de son territoire; puis, comme autemps de Gustave-Adolphe, il alla chercher un refugedans la forteresse de Wasserburg, sur l’Inn, non loinde la frontière autrichienne.

Turenne et Wrangel ne perdirent point de temps.N’ayant rien à craindre de l’ennemi pour le moment,ils se séparèrent afin de marcher plus vite et de vivreplus facilement. Ils s’avancèrent parallèlement à huitou dix lieues l’un de l’autre, les Français â droite,

(') Turenne à sa sœur, 22 coût 1645.