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(20 juillet). Le reste (8 régiments réduits à un millierd’hommes) s’enfuit au delà du Main et alla se mettreà la solde de la Suède ( l ).
Ces fâcheux incidents, qui ne justifiaient que troples observations adressées par Turenne à Mazarin,avaient fait perdre plus de la moitié de la belle sai-son. Il fallut ensuite que le maréchal s’employât àreconstituer son armée, en formant de nouveaux régi-ments avec les débris des anciens, si bien qu’il n’ar-riva sur la Moselle qu’au commencement du mois deseptembre. La cour, du reste, lui envoya l’ordre dese borner à prendre quelques petiles places du Luxem-bourg, comptant qu’il n’en faudrait pas davantagepour dégager les maréchaux de GassionetdeRantzau.alors aux prises, dans les Pays-Bas, avec l’archiducLéopold-Guillaume. Cette diversion réussit, en effet,puisque l’archiduc crut devoir s’affaiblir d’un corpsde 5,000 à 6,000 hommes, qu’il envoya, sous lesordres de Beck, pour observer les mouvements deTurenne.
C’était néanmoins un bien maigre résultat, si l’onsonge aux grandes entreprises que le maréchal médi-tait et qu’il fut empêché d’accomplir. Au reste, non
( l ) L’historien suédois Erik Geijer cite une lettre do Turenneà Wrangel dans laquelle le maréchal s’exprime ainsi : “ Je sup-plie très humblement Votre Excellence de vouloir donner ordreà ses troupes que Ton traite comme ennemis huit régiments decavalerie qui s'en vont vers la Franconie sans leurs officiers; jene doute point que V. Exc. ne donne très expressément cet ordre-là. » Wrangel avait grande envie d’accueillir les fugitifs; cepen-dant, pour ne pas indisposer son allié, tout en évitant qu’ils nepassassent au service de l’Empereur, il les envoya à Kœnigsmark,qui accepta volontiers ce renfort inattendu.