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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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vaux, avec 20 canons. Le 14 février, il quittait sescantonnements; le 21, il passait le Rhin à Oppenheimet le 24, il arriva à Lohr, sur le Main. Avant d’en-trer en Allemagne, ïurenne avait écrit, de sa propreinitiative, à l’électeur de Bavière, une lettre parlaquelle il le prévenait qu’il allait le traiter enennemi; cette lettre avait principalement pour objetde rassurer les princes protestants d’Allemagne etmême les Suédois, qui soupçonnaient les Français des’être entendus secrètement avec Maximilien — cequi était assurément excusable de leur part, aprèsles revirements diplomatiques de Mazarin; mais lesrésultats n’ayant pas répondu à l’attente du cardinal,celui-ci s’était définitivement décidé à agir de concertavec les Suédois jusqu’à ce que leurs ennemis com-muns acceptassent la paix, et la cour approuva ladémarche du maréchal.

La jonction des deux armées française et suédoisene s’opéra pas toutefois immédiatement. Wrangels’étant rendu de sa personne à Gemiindcn pour con-férer avec son allié, Turenne demanda qu’on lui ren-dît les Weimariens, qui, après leur révolte de l’annéeprécédente, s’étaient enrôlés dans le corps de Kcenigs-mark, à quoi le général suédois ne voulut pas con-sentir. 11 est certain que la prétention pouvaitparaître exorbitante, en un temps où l’on était accou-tumé avoir les soldats changer de camp si facilement ;cependant, les exigences de Turenne avaient un motifassez sérieux : il craignait que les Weimariens passésau service de la Suède ne cherchassent à débaucherceux qui étaient restés sous les drapeaux français, etc’est sous l’empire de cette préoccupation bien natu-