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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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relie qu’il proposa à Wrangel de s’avancer en Fran-conie sur deux colonnes séparées, mais se main-tenant néanmoins à une petite distance l’unc del’autre (').

Il n’y avait à cela aucun inconvénient, car, à lanouvelle que les Français étaient en marche pour sejoindre aux Suédois, Melander s’était hâté de concen-trer ses troupes à Hammelburg et de se replier surla Franconie. Il pouvait avoir encore 15,000 hommesenviron; mais cette armée était dans le plus tristeétat, et, comme elle ne vivait plus depuis longtempsque de pillage, la discipline avait complètementdisparu. Aussi le feld-maréchal bavarois Gronsfeld,que Melander rejoignit dans les environs de Wurtz-bourg, montra-t-il peu d’empressement à coopéreravec de pareilles bandes ( 2 ). Les deux généraux,d’ailleurs, s’entendaient moins que jamais : chacund’eux ne songeant qu’à l’intérêt immédiat de sonsouverain, Melander voulait couvrir la Bohème, etGronsfeld, la Bavière. A la fin, comme l’ennemiapprochait, ils se retirèrent ensemble dans la direc-tion d’Ingolstadt.

En effet, Turenne s’était avancé rapidement

(’) La plupart des historiens avancent que les Suédois et lesFrançais se réunirent en Hesse. Nous nous conformons, avecLa Roche du Jarrys, à la version donnée par Pufendorf et par leThcatnmi europœiim.

(-) Schreiber raconte (Maximilian I) que Gronsfeld ayantadressé un rapport à son maître sur le mauvais état de l’arméeimpériale, l’Electeur en donna communication à la cour deVienne, qui demanda des explications à Melander; une scèneviolente s’ensuivit entre les deux généraux, et l’on eut beaucoupde peine à empêcher un duel entre eux.