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Turenne, qu’il retrouva à Rotlienburg sur la Tauber.Ils résolurent de mettre à profit l’éloignement del’ennemi pour envahir la Bavière ; mais aussitôt aprèsla retraite de Wrangel, Gronsfeld avait jugé pru-dent de revenir sur le Leeli, et Melander, qui auraitvoulu passer en Bohême, avait dû suivre les Bavaroissur un ordre formel de l’Empereur.
Turenne et Wrangel, n’espérant plus gagner devitesse leurs adversaires, se rapprochèrent des fron-tières du Wurtemberg, pour « rafraîchir » un peuleurs armées, qui, ayant ouvert la campagne de trèsbonne heure, commençaient à être fatiguées; le pre-mier installa son quartier général à Reullingen, lesecond à Gœppingen, oii Kœnigsmark, après avoirheureusement rempli sa mission, le rejoignit. Enfin,le 11 mai, jugeant leurs troupes suffisamment repo-sées, les deux maréchaux reprirent leurs opérationset marchèrent sur le Danube. L’armée combinée étaitforte de 22,000 hommes, savoir : 15,000 Suédois(10,500cavaliers et 4,500 fantassins) et 7,000 Fran-çais (4,000 chevaux et 3,000 hommes de pied); elleemportait avec elle 14 jours de vivres.
Le 13 mai, les Français et les Suédois atteignirentLangenau, à deux lieues de Gunzburg, où Melander,qui s’était étendu peu à peu jusqu’à l’Iller, avait faitjeter un pont afin de fourrager plus commodémentsur la rive gauche du Danube. Mais, avertis à tempsde l’offensive ennemie, les Impériaux purent enleverleur pont, et Melander prit le parti de se replier surAugsbourg, autour duquel les Bavarois étaient can-tonnés. Après réflexion, cependant, il s’arrêta à moitiéchemin et prit une bonne position à Zusmarshausen,