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le prince de Nassau. « Ce fut le salut de la cour, »dit avec raison le duc de la Rochefoucauld.
Cependant, l’Espagne, qui, seule, n’avait pointadhéré à la paix de Westphalie, ne pouvait manquerde profiter des troubles de la France pour s’immiscerdans les affaires intérieures de ce royaume ; elle pro-posa aux princes engagés dans la Fronde de les sou-tenir par les armes et conclut un traité avec eux.Cette alliance avec l’étranger ouvrit les yeux aux par-lementaires; ils résolurent de mettre lin à un étatd’anarchie qui leur rapportait à peine de vaines satis-factions d’amour-propre et cherchèrent à se rappro-cher de la royauté. Mazarin s’y prêta volontiers enfaisant quelques concessions, en accordant quelquesréductions d’impôts; la paix fut signée à Rueil, et lacour rentra dans Paris (avril 1649).
Turenne, nommément compris dans le traité, revintalors de Hollande et fut assez bien reçu, en appa-rence, par la reine et par le cardinal ; mais si on luifit « beaucoup de civilités », on ne se pressa pas delui donner un commandement; une supplique adresséeau Roi par les officiers de l’armée d’Allemagne pour'que l’on remît le maréchal à la tète de ses anciennestroupes, mit plutôt la cour en défiance, et Turenne,tenu à l’écart, resta parmi les mécontents. Du reste,les affaires ne tardèrent pas à se brouiller de nouveau.Condé, prétendant dominer le gouvernement qu’ilavait protégé, fatiguait la régente et le premierministre par ses exigences et les humiliait par sesdédains ; à la fin, Mazarin le fit arrêter avec son frère,le prince de Condé, et son beau-frère, le duc de Lon-gueville, aux applaudissements de l’inconstante popu-