un détachement de 2,000 chevaux dans la vue de letâter, il rétrograda jusqu’à Notre-Dame de Liesseet se retrancha derrière des marais impraticables.L’armée espagnole entra alors en Champagne, pritChateau-Porcien, Retliel, place importante où l’onmit une garnison de 1,200 hommes et 200 chevaux,avec le fameux ingénieur Degli Ponti comme gouver-neur, et enfin Neufchâtel-sur-Aisne, au nord deReims. Ce n’était pas sans intention que Turenne laramenait ainsi vers l'ouest : les yeux toujours fixéssur le château de Vincennes, il cherchait à entraînerl’archiduc. Mais celui-ci ayant de nouveau refusé dele suivre, il partit seul avec 3,000 chevaux et500 mousquetaires, franchit l’Aisne et se dirigea àmarches forcées sur Paris. Du Plessis, qui, dansl’intervalle, s’était retiré sur Reims de façon à se trou-ver toujours entre la capitale et l’armée ennemie,envoya le lieutenant général d’IIocquincourt à Fismesavec 10 régiments de cavalerie, pour y défendre lepassage de la Vesle. Mais Turenne le battit à platecouture, lui tit 400 ou 500 prisonniers et le rejeta surSoissons ; après quoi, continuant vivement sa route, ilgagna la Ferté-Milon, d’où il poussa des partisjusqu’à Dammartin, à quelques lieues seulement deParis.
L’année royale, obligée de surveiller les Espagnols,qui s’avançaient lentement de Neufchâtel sur Fismes,se trouvait hors d’état de s’opposer au coup de maindu maréchal ; la capitale était si mal gardée que per-sonne ne trouvait étonnant qu’un corps de cavaleriepût arriver jusqu’au château de Vincennes, le forceret se retirer librement avec les princes délivrés. De