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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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peur d’accident, on prit le parti de transférer les pri-sonniers au château de Marcoussis, situé ;'i huit lieuesde Paris, sur la route d’Orléans (28 août). Turenneen fut averti à la Fcrlé-Milon, vit que son coup étaitmanqué et rebroussa chemin aussitôt pour rallierl’armée espagnole, qu’il retrouva campée à Bazoches,en avant de Fismes.

L’archiduc Léopold ne se souciant toujours pointde prendre des places pour le ^ ' des princes, etdu Plessis ne pouvant faire autre chose que d’observerl’ennemi, les deux partis passèrent le mois de. sep-tembre dans une inaction complète ; enfin, sur le con-seil de Turenne, qui, voyant l’hiver approcher, son-geait surtout à assurer ses quartiers, l’archiduc sedécida, le 27, à assiéger Mouzon, sur la Meuse, àenviron deux lieues de Stenay. Mais le siège traînaen longueur, « à cause des pluies et du peu d’artille-rie qu’avaient les Espagnols », et la place ne succombaque dans le courant de novembre. Du Plessis auraitbien voulu la secourir, mais il en fut empêché parune mutinerie parmi ses troupes allemandes; parcontre, son lieutenant, La Ferlé-Scnneterre, infligeaun échec près de Saint-Mihiel au duc de Lorraine,qui amenait des renforts aux assiégeants. Après laprise de Mouzon, l’archiduc, dont l’armée était tortaffaiblie, s’en revint hiverner dans les Pays-Bas, etTurenne resta seul entre l’Aisne et la Meuse, avec8,000 hommes de troupes françaises, allemandes etlorraines (5,500 chevaux et 2,500 fantassins), pourveiller à la conservation des quelques places qui con-stituaient tout le profit de la campagne. «

Celle-ci n’était point encore terminée, en effet, et