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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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un danger sérieux menaçait le maréchal. Bordeauxayant fait sa soumission, Mazarin et son armée étaientrevenus à Paris. Le premier soin du cardinal, qui netrouvait pas ses prisonniers beaucoup plus en sûretéà Marcoussis qu’à Vincennes, fut de les envoyer auHavre; puis il amena lui-même des renforts au maré-chal du Plessis, qui avait pris ses cantonnements surles confins de la Champagne et du Barrois, afin derentrer en possession de Rethel et des autres placesconquises par Turenne avant que l’année s’ache-vât. Du Plessis, dont l’armée se trouva ainsi reportéeà 15,000 hommes (7,000 chevaux, 8,000 hommesde pied), partit le 7 décembre de Châlons-sur-Marneet se dirigea vers Rethel, qu’il investit le 9 décembre.Turenne, qui avait son quartier général à Montfau-eon d’Argonne, se mit aussitôt en marche poursecourir la ville, sans cependant trop se pressertout d'abord : plein de confiance dans Degli Ponti,« l’homme de son temps le plus renommé pour ladéfense des places » et auquel ne manquaient ni lesvivres, ni les munitions, il se proposait d’attendre quela tranchée fût ouverte et l’armée distribuée autourde la place, afin d’en venir à bout plus aisément. MaisDegli Ponti, probablement gagné par le cardinal,capitula au bout de quatre jours (13 décembre). Lesoir même, une heure environ avant le coucher dusoleil, Turenne arrivait en vue de Rethel, après unedernière marche de sept lieues, et apprenait avecd’autant plus detonnement la reddition de la place,que Degli Ponti lui avait mandé la veille qu’ilpourrait tenir plusieurs jours encore.

A l’approche de Turenne, du Plessis s’était bâté

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