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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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de réunir son armée sur la rive gauche de l’Aisne;obligé d’occuper une position très désavantageuse aupoint de vue tactique, afin de couvrir le pont quidonne accès dans la ville, il redoutait fort d’y êtreattaqué. Mais son adversaire, qui n’avait d’autre butque de délivrer Rethel, ne tenait nullement à se me-surer avec une armée qu’il savait presque double dela sienne. Aussi, après être resté toute la nuit enbataille de crainte d’une surprise, il se mit en retraitele 14, à la pointe du jour, et gagna Bourcq (à l’estde Vouziers), oii il crut pouvoir faire halte jusqu’au-lendemain.

Du Plessis n’eut pas de peine à pénétrer le motifqui avait pu porter Turenne à décamper si précipi-tamment, et se lança à sa poursuite avec une ardeurà laquelle la présence de Mazarin ne fut d’ailleurspas étrangère. Ayant marché non seulement toute lajournée du 14, mais encore toute la nuit suivante, ilrejoignit l’ennemi le 15, vers 9 heures du matin,dans la plaine de Blancinont (ou Blanc-Champ) entreles villages de Saint-Étienne-à-Arne, Scmidc et Som-mepy ('). Pendant quelque temps, les deux arméess’étaient côtoyées sans s’en douter, à cause du brouil-lard qui était fort épais ; le temps s’étant subitementéclairci, elles se découvrirent en même temps. Surquoi Turenne, persistant dans son dessein de seretirer, et du Plessis dans celui de combattre, ilscontinuèrent fi s’avancer parallèlement vers le sud àune dcmi-porlée de canon, pendant l’espace d’unelieue encore. Le premier, qui suivait une ligne de

(') A sept lieues au sud-est de Rotliel; le nom sous lequel labataille est généralement connue paraît donc assez peu motivé.