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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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dans la poursuite ; mais l’armée française était bien *reposée (le siège ne lui ayant pas imposé beaucoupde fatigues), tandis que celle de Turenne marchaitdepuis quatre jours et avait fait sept lieues le 13;comme, d’autre part, elle avait passé la nuit du 13au 14 sous les armes, en prévision d’une attaquepossible, l’étape de quatre lieues, que Napoléon trouveinsuffisante, fut sans doute tout ce que son chef crutpouvoir lui demander. Quant au reproche de n’avoir« formé aucune réserve derrière ses ailes, ce quicausa sa ruine, car une fois enfoncée sa cavalerie neput se rallier », il serait assurément fondé’si l’on netenait compte des conditions dans lesquelles le maré-chal dut accepter le combat. Lorsque, jugeant qu’ilne pourrait se dérober, il se décida à prendre l’ini-tiative , il comprit qu’une attaque brusquée avectoutes ses forces était sa seule chance de succès, et,de fait, il eût peut-être réussi sans la mollesse desrégiments allemands de son aile droite. En somme,les circonstances étaient des plus défavorables pourTurenne, et il faut lui rendre cette justice qu’il s’ef-força d’en tirer le moins mauvais parti.

Après sa victoire, le maréchal du Plessis allamettre le siège devant Château-Porcien, qui se renditau bout de deux jours (17 décembre) et il ne restaplus aux ennemis du Roi que Stenay et Mouzon. Lesaffaires de Turenne étaient donc fort compromises,lorsque Mazarin, en se déterminant à relâcher lesprinces (13 lévrier 1651), lui fournit fort à propos lesmoyens de sortir d’embarras. Comme le maréchaln’avait, pris les armes que pour arracher à la cour ladélivrance de Coudé et que, d’autre part, des con-