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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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devoir, s’en laissa d’autant moins détourner que sonfrère, le duc de Bouillon, aux avis duquel il con-formait toujours sa conduite, s’était déclaré cette foispour la cour. Un autre prince factieux, Gastond’Orléans, oncle du Roi, ne réussit pas davantage àmettre « Messieurs de Bouillon » dans ses intérêts.

Toutefois, ce ne fut pas Turenne, mais le ducd’IIarcourt, qui conduisit la campagne d’automnecontre Condé dans le centre et le sud-ouest de laFrance. Ensuite, après le retour de Mazarin, rappeléd’exil par la reine (février 1652), d’IIocquincourt,fait maréchal de France, prit le commandement destroupes royales; il opérait dans l’Ouest contre lesAngevins révoltés, lorsqu’au commencement de marsTurenne vint trouver la cour à Poitiers et demandaà être employé activement. Le cardinal et la régentey consentirent volontiers ; néanmoins, ils répugnaientà mettre en sous-ordre d’Hocquincourt, qui leuravait rendu de grands services. Pour ne pas le mécon-tenter, ils prièrent Turenne d’accepter le commande-ment d’un corps nouvellement formé au moyen detroupes tirées d’un peu partout; le grand capitaine,« voyant qu’il fallait aller au bien des affaires dansun temps où elles étaient en si mauvais état, n’en fitpoint scrupule » et se résigna à agir conjointementavec d’Iiocquincourt, bien que celui-ci fût d’humeurdifficile et affichât des prétentions que ses mérites nejustifiaient qu’insuffisamment.

De Poitiers, la cour s’était transportée à Saumur,où la présence du Roi avait été jugée nécessaire pourréprimer les troubles ; puis, quand le maréchal d’IIoc-quincourt eut achevé la réduction d’Angers et des