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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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duc de Tavannes de celle de la rue de Charonne ; lescomtes de Valon et de Clinchamp, lieutenants deTavannes, de la défense delà grande rue du faubourg ;le prince lui-même se tenait avec une réserve d’éliteen avant de la porte Saint-Antoine, c’est-à-dire àl’origine des trois artères principales. Du côté opposé,les dispositions furent bientôt prises : Turenne diri-gea l’attaque du centre, confia celle de gauche (dela rue de Charenton) au marquis de Novailles, etcelle de droite (de la rue de Charonne) au marquis deSaint-Mégrin, jeune gentilhomme qui, à défaut d’an-técédents militaires, pouvait invoquer sa haine per-sonnelle contre Condé.

Les péripéties d’une telle action échappent forcé-ment à l’analyse. Après une lutte sanglante où chaqueenclos, chaque maison, chaque étage même furentdisputés avec acharnement, les troupes royales refou-lèrent peu à peu celles des princes vers l’extrémitédu faubourg. Turenne avait recommandé à ses lieu-tenants de s’assurer, au fur et à mesure qu’ils s’avan-ceraient, de toutes les rues latérales, et c’est, en lestournant qu’on parvint à faire tomber successivementla plupart des barricades; la plus forte, construitedans la grande rue du faubourg, en face de l’abbayede Saint-Antoine, fut vainement défendue par Condéet une poignée de gentilshommes qui se battirent endésespérés. L’arrivée de La Ferté précipita la décision,et Turenne s’apprêtait à écraser le prince acculé auxfossés de la Bastille, lorsque la vieille forteresse semit tout à coup à tirer sur les troupes royales, et lesportes de la ville s’ouvrirent pour donner asile auxdébris de l’armée vaincue. Ce revirement était dû à