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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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moder tant avec les Espagnols qu’avec les princes.Cette opinion finit heureusement par prévaloir :la cour alla s’installer à Pontoise et Turenne marchaavec sa petite armée à la rencontre des Espagnols.Ces derniers, du reste, ne s’étaient pas fort pressés.;après avoir poussé jusqu’à Chauny, dont ils s’étaientfacilement rendus maîtres (17 juillet), ils s’étaienttournés vers la Champagne, où ils avaient fait leurjonction avec les troupes du duc de Lorraine : on nedoutait pas que Fuensaldana, maintenant à la tête de24,000 hommes, ne marchât droit sur Paris, et cen’était pas avec des forces inférieures de deux tiersque Turenne, qui avait pris position à Compiègne,pouvait se flatter de l’arrêter. Mais la politique del’Espagne, démentant ses démonstrations militaires,ne voulait ni donner la victoire entière à l’un des deuxpartis, ni les réconcilier par la peur de ses armes.Fuensaldana rentra bientôt en Flandre, en laissanttoutefois au duc de Lorraine un renfort de 3,000hommes sous le duc Ulrich de Wurtemberg. Turennese rapprocha alors de Paris et vint s’établir à Gonesseet à Dammartin pour s’interposer entre la capitaleet l’armée lorraine, qui, comme toujours, s’attardaità piller.

Pendant tout ce temps, Condé n’avait pas quittéson camp du faubourg Saint-Victor ; il n’avait plusassez de troupes pour tenir la campagne et surtoutcraignait de s’éloigner de Paris, où le nombre despartisans du roi s’augmentait de jour en jour, sur-tout depuis que le cardinal Mazarin avait pris encoreune fois le parti de s’éloigner momentanément de lacour. Enfin, le prince se décida à rejoindre le duc de