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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Lorraine, qui arrivait sur la Marne. Turenne espéraitbien arrêter les Lorrains au passage de cette rivière,et il se porta à cet effet d’abord à Crécy-en-Brie,puis à Brie-Comte-Robert; mais, « comme on serelâche quelquefois », il arriva trop tard et ne putpas davantage empêcher Condé de faire sa jonctionavec le duc, à Ablon. 11 se replia alors sur Villeneuve-Saint-Georges, s’y retrancha dans l’ancien camp duduc de Lorraine et y resta enfermé pendant sixsemaines, sans que les ennemis osassent l’attaquerdans une position aussi solide. Cette inaction dumaréchal a paru blâmable et même inexplicable âNapoléon, qui n’hésite pas à déclarer d’autre partque « Condé manqua d’audace » : « Le séjour deTurenne au camp de Villeneuve, devant deux arméessupérieures en forces, est bien hasardeux ; quel motifa pu le porter â courir un tel danger ? son campn’était pas tellement fort qu’il ne pût être forcé; saposition paraissait tellement critique qu’elle a retardéla soumission de Paris. » Il semble cependant que,dans celle circonstance, Turenne n’eût pas de meil-leur parti â prendre que celui auquel il se résolut.N’ayant que 8,000 hommes à opposer aux 20,000du duc de Lorraine et de Condé réunis, il eût couruun bien autre danger en risquant une bataille ; maissurtout il n’avait aucun besoin de combattre, car cen’était pas de ses mouvements ni même de ses succèsque dépendait la grande affaire, c’est-à-dire le retourdéfinitif de Paris dans l’obéissance royale. La poli-tique faisait plus sûrement son œuvre que la guerre,et tout ce qu’on pouvait demander au maréchal,c’étaitde se maintenir à proximité de la capitale pour