189
ouvrait à l’ennemi l’accès de la Champagne et de l’Ile-de-France, facilitait ses opérations par les magasinsqu’il lui était facile d’y réunir et, enfin, assurait parStenay ses communications avec le Luxembourg.C’est pourquoi le maréchal, qui considérait « l’entréede M. le prince par Rethel comme le plus grand malqui pût arriver », résolut de pousser le siège avec laplus grande vigueur. Il n’eut d’ailleurs pas besoin degrands efforts pour s’en rendre maître : la ville, quin’avait que 800 à 900 hommes de garnison, capi-tula après trois jours de tranchée ouverte (8 juillet).
Que « M. le prince n’ait pas assez vu la consé-quence de Rethel », ou que, entravé par les lenteursdes Espagnols, il n’ait rien pu tenter pour le secourir,— ce qui paraît plus probable, — la chute de laplace n’en fut pas moins regardée comme « un coupdécisif pour la France » et obligea l’ennemi à renon-cer à l’invasion par la Champagne. Il est vrai qu’ilprit alors le parti d’entrer en Picardie avec toutes sesforces réunies, et s’avança jusqu’à Consomme, aunord-est de Saint-Quentin, près des sources de laSomme. Mais l’occasion favorable pour une pointesur Paris était passée. La capitale était décidémentrentrée dans l’ordre et Coudé n’y avait plus de parti,surtout depuis que son frère Conti avait fait sa paixavec le cardinal ; d’ailleurs, pas plus qu’au temps oiiTurenne servait sous leurs drapeaux, les Espagnolsne tenaient à prendre des places qu’ils savaient nepouvoir garder j 1 ). On le vit bien lorsque Condé pro-
(') Comme dans le traité avec Turenne, il avait été stipulé quetoutes les places conquises en commun à l'intérieur de la Franceseraient cédées au prince de Condé.