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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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posa, non pas même de s’avancer dans l’Ile-de-France, mais d’assiéger Saint-Quentin : Fuensal-dana s’y opposa, dit le prince de Tarente ('), « dansla crainte que la prise de cette place, qui auraitouvert l’entrée de la Picardie, ne facilitât l’accommo-dement de M. le prince avec la cour ». Le prince neput pas davantage obtenir le concours de son pré-tendu subordonné pour attaquer Corbie, « dont lesfortifications étaient en si mauvais état que la prisede cette place ne pouvait être qu’une affaire de deuxjours, et bien que ce poste eût été très avantageuxpar sa situation sur la Somme et sa proximité deParis f). » A ces divergences d’intérêts et de vuesvenaient se joindre des conflits de pouvoir ou desquerelles de préséance qui ne firent qu’augmenter,par la suite, quand l’archiduc Léopold se rendit desa personne à l’armée.

Il était heureux pour Turenne que cette mésintel-ligence paralysât les mouvements de ses adversaires,car, bien qu’ils eussent laissé quelques milliersd’hommes vers Cambrai pour garder leurs commu-nications, ils l’emportaient encore de beaucoup surl’armée française : celle-ci, même après avoir étérenforcée par le corps du maréchal de la Fcrtë etpar une partie des troupes devenues disponibles parsuite de la pacification de la Guyenne, ne se montaitau total qu’à 17,000 hommes (10,000 cavaliers,

(') Mémoires du prince do Tarent® (Henri-Charles de la Tré-moïlle), un des lieutenants français de Condé. — Ces mémoiressont la principalo autorité pour les opérations du prince, commeceux de Turenne pour les mouvements do l’armée royale.

( 2 ) Idem.