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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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un grand détour, se trouva bientôt dans une situationassez critique. Schulemberg, encouragé par le voisi-nage de l’armée de secours et d’ailleurs abondam-ment pourvu de vivres, non seulement disputait leterrain pied à pied, mais encore multipliait lessorties. Au bout d’un mois, les Espagnols avaientperdu 2,000 hommes, sans autre résultat que laprise d’un ouvrage à cornes ; à l’extérieur, la cava-lerie française, qui ne cessait de battre l’estrade, lestenait en haleine par des escarmouches continuelles,et d’assiégeants ils devenaient peu à peu assiégés.Néanmoins, l’espoir qu’avaient conçu Mazarin etTurenne lui-même de les contraindre à lever le siège,ne se réalisait point et ils s’obstinaient dans leurentreprise en raison même des difficultés qu’ils yrencontraient. A la fin, le siège de Stenay se prolon-geant bien au delà de ce que l’on avait espéré, etMontdejeu, « suivant l’habitude des gouverneurs deplaces, faisant semblant d’être un peu plus presséqu’il ne l’était en effet », le maréchal se décida àattaquer les lignes ennemies et fit préparer lesfascines nécessaires. Mais, sur ces entrefaites, il futaverti que Stenay venait de capituler (6 août) et queles troupes mises à la disposition de Fabert, étaienten route pour le rejoindre; aussi ajourna-t-il volon-tiers une action dont l’issue restait toujours douteuseen dépit de l’affaiblissement de l’armée espagnole etattendit l’arrivée des renforts annoncés. Ceux-ci, queconduisait le maréchal d’IIocquincourt (’), se mon-

(') On se rappelle les dissentiments survenus entre ce maréchalet Turenne au cours de la campagne de 1652, et auxquels.Mazarin coupa court en envoyant d’Hocquincourt dans son gou-