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Turenne pouvait dire, de son côté : « Il n’est pasimaginable connue tout ce que l’on a concerté aréussi ; il a fallu que presque toutes les mesuresn’aient point manqué pour y avoir eu un succès aussiheureux ('). »
« Cette action militaire, dit Napoléon, éleva auplus haut degré dans l’Europe la réputation deTurenne » ; en France, la délivrance d’Arras excita leplus vif enthousiasme et le Roi vint lui-même féliciterle maréchal de ses succès. Ceux-ci avaient, en effet,une importance proportionnée à l’intérêt que l’ennemiattachait à la prise de la ville et à l’opiniâtreté qu’ilavait mise à s’en emparer. C’était donc bien l’événe-menl capital et décisif de la campagne et non pas seu-lement au point de vue militaire, car si les Espagnolsl’eussent emporté, c’en était fait de l’alliance queMazarin négociait depuis longtemps avec OlivierCromwell, le protecteur de la république d’Angle-terre, alliance dont nous verrons les fruits heureuxdans les campagnes suivantes; d’autre part, une vic-toire de Condé eût rendu courage aux ennemis ducardinal et peut-être fourni prétexte à une reprise dela guerre civile.
Turenne d’àilleurs ne s’attarda pas sous Arras : nevoulant pas laisser aux Espagnols le temps de seremettre du coup qu’il leur avait porté, il leva soncamp le 31 août, passa l’Escaut à Thun-Saint-Martin,entre Bouchain et Cambrai, et marcha par Quiévrain
peine 400. Mais Turonno lit environ 3,000 prisonniers ; 03 piècesde canon, 2,000 voitures et 9,000 chevaux tombèrent entre sesmains.
(') Turenne à sa femme, 2G août 1054.