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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Nord, pour l’empêcher de secourir Clermont-en-Argonue, que La Ferlé allait assiéger. La chute decette petite place — la derniôrç de celles qui avaientété autrefois données au prince en récompense de sesservices— termina la campagne de 1654 (22 no-vembre); les armées entrèrent en quartiers d’hiver etTurenne retourna à Paris, où il rendit au Roi desservices d’un autre genre en s’entremettant poufapaiser le' différend qui s’était élevé entre la cour etle parlement 1 au sujet de certains édits fiscaux.

Il est vrai que, comme le dit le maréchal, cettemésintelligence « eût empêché les 1 desseins de la cam-pagne suivante ». Celle-ci n’en commença pas moinsassez tard, à cause des embarras financiers qui nefaisaient que croître; elle devait d’ailleurs être sanséclat, sinon sans intérêt, Condé ne méditant cettefois, faute de moyens, aucune grande marche offen-sive, et Mazarin estimant qu’il suffisait de consoliderles résultats acquis l’année précédente, en attendantque l’alliance anglaise permît d’en finir avec lesEspagnols.

Au commencement du mois de juin 1655, tandisque la cour allait s’établir à Compiègne, puis à LaFère, Turenne rassemblait sous Guise ses troupes etcelles du maréchal de la Ferlé, qui se montaientensemble à 12,000 ou 13,000 hommes d’infanterieet 10,000 chevaux (’). 11 s’agissait avant tout de

p) Ce sont les chiffres donnas par Bussy-llabutin, qui servaitcomme lieutenant général dans l’armée de Turenne, et dont lesMémoires entrent dans do grands détails sur cette campagne enparticulier. Néanmoins, cet auteur, quoiquo militaire et témoinoculaire, ne doit être consulté qu'avec circonspection.