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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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ravitailler le Quesnoy, dont les Espagnols avaientformé le blocus dans le courant de l’hiver, comme ons’y attendait, du reste. Mis en bon état de défense,ainsi qu’on l’a vu un peu plus haut par la correspon-dance de Mazarin, la place pouvait tenir longtempsencore. Cependant, les magasins devaient commencerà se vider et l’on avait préparé un grand convoi devivres que l’on cherchait à introduire dans la ville.Turenne y réussit « en divisant son armée en plu-sieurs petits corps qu’il fit marcher les uns d’un côté,les autres d’un autre, comme s’il eût des vues sur plu-sieurs places » ; l’un de ces corps, aux ordres dulieutenant général de Castelnau, s’empara même duCatelet, qui fut incendié et dont la petite garnisonfut passée « au fil de l’épée ». Ce coup de mainhardi et les diversions ébauchées un peu partoutfirent craindre aux Espagnols.de plus sérieuses ten-tatives : ils affaiblirent le corps qui bloquait. leQuesnoy pour secourir les postes qu’ils supposaientmenacés, ce qui permit au convoi de pénétrer sansaccident dans la place.

Rassuré de ce côté, Turenne entreprit le siège deLandrecies, dont la possession était indispensablepour assurer la conservation du Quesnoy et acheverd’ouvrir aux Français la route des Pays-Bas catho-liques. L’investissement commença le 18 juin ; en cinqjours, les lignes de circonvallation furent complète-ment achevées et, le 26, la tranchée put être ouverte.Presque aussitôt, Condé arriva avec l'armée espagnole,qui ne dépassait pas, cette année-là, 20,000 hommes;mais les lignes lui parurent trop solides pour qu’ilessayât de les forcer et il alla prendre position à