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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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étendu et elle allait être obligée de laisser inoccupéesplusieurs positions extérieures d’une certaine impor-tance tactique; de l’autre, la situation de la ville, àcheval sur l’Escaut, fleuve aux rives très maréca-geuses, forçait les assiégeants à se partager en deuxcorps, entre lesquels les communications ne pouvaientêtre que précaires. Néanmoins, Turenne passa outreà ces inconvénients, qu’il espérait atténuer à forced’habileté et de prudence. Si la possession de Valen-ciennes n’était pas indispensable aux Français pourune offensive dans les Pays-Bas, et s’ils pouvaient,comme l’année précédente, pénétrer dans le Ilainautpar Landrecies et Bavay, il ne leur était pas indiffé-rent de laisser aux mains de l’ennemi une place aussirapprochée de Condé-sur-Escaut, leur dernière con-quête, qui perdait ainsi une grande partie de savaleur.

Valenciennes fut donc investi par l’armée françaisedans la nuit du 14 au 15 juin ; le maréchal se chargeade l’attaque par la rive droite et confia aux troupesde La Ferlé (’) celle de la rive gauche. Comme ons’occupait de jeter des ponts pour relier les deuxfractions de l’armée, on s’aperçut que le niveau dufleuve s’élevait peu à peu et bientôt l’inondationgagna toutes les parties basses de la vallée, en amontet en aval ; elle était causée par les retenues d’eaude Bouchain, place occupée par l’ennemi, qui n’avaitpas manqué de lâcher toutes les écluses. « Il est cer-

(') La Ferté lui même ôtait malade et ne vint prendre son com-mandement qu’après l’ouverture de la tranchée; on verra nn peuplus loin combien il eût été préférable qu'il restât éloigné del’armée.

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