tain, dit Turenne lui-même, que si on eût vu aucommencement l’eau haute comme elle le devintdepuis, on n’eût pas songé à faire une communicationni à s’engager an siège. » Mais les travaux étant déjàcommencés, on ne crut pas devoir les interrompreet l’on remédia aux progrès de l’inondation « par unsoin continuel », c’est-à-dire en prolongeant chaquejour le pont et la digne de fascines établis au-dessusde la ville, ainsi que le pont de bateaux jeté au-des-sous, à la hauteur de l’abbaye de Saint-Saulve. Onne fit point de lignes de contrevallation, la garnisonne s’élevant pas à plus de 1,200 hommes, mais ontravailla activement à la circonvallation, qui futachevée en six jours : elle consistait, au moins sur lespoints les plus exposés, en un double retranchementd’un assez fort profil, avec fossés palissadés.
Ces précautions n’étaient pas inutiles, car le mêmejour où l'on ouvrait la tranchée (26 juin), on appre-nait que Condé et don Juan d’Autriche avaient réunienviron 20,000 hommes à Douai et qu’ils s’appro-chaient par la rive gauche de l’Lscaut. Le lendemainmatin, l’armée espagnole passa le fleuve près de Trith(entre Valenciennes et Bouchain) et vint s’établir enface du quartier des Lorrains, qui formaient la gauchede Turenne, sur une hauteur que la faiblesse numé-rique des assiégeants avait forcé de laisser en dehorsdes lignes; elle s’y retrancha immédiatement, et,pendant huit jours, elle se borna à tâter les positionsennemies, sans se risquer à les assaillir. Turenne,qui s’était trouvé à Arras dans une position inverse,s’attendait à être attaqué d’un instant à l’autre, ce quile forçait à interrompre chaque nuit les travaux du