siège ; il estimait que ce serait contre l’aile gauchede ses lignes que les Espagnols dirigeraient leursefforts, « parce qu’ils pouvaient venir en bataille ensortant de leurs quartiers .», et la présence à Saint-Amand, sur la rive gauche de l’Escaut, d’un corps de4,000 hommes aux ordres de Marsin, lieutenantfrançais de Condé, lui faisait supposer que du côtéde La Ferté, il n’y aurait qu’une fausse attaque.
C’était pourtant le contraire qui allait avoir lieu :la fausse attaque devait être dirigée contre le corpsde Turcnne et La Ferté aurait à supporter la véri-table ; Condé avait pris ce parti habile — et naturel dela part de quelqu’un qui connaissait bien le collègueprésomptueux que Mazarin avait le tort d’imposer àTurenne d’une façon intermittente. On aurait peineà croire, si Puységur ne le rapportait expressé-ment ('), que La Ferté, à peine arrivé, fit détruire undes deux retranchements qui couvraient son camp,« en disant qu’il en avait assez d’un devant sestroupes » ; Turenne, qui a coutume de taire autantque possible les fautes d’autrui, ne mentionne pas cedétail important; mais il ne peut s’empêcher d’ajouterque « M. le maréchal de la Ferté ne faisait tenir per-sonne devant ses lignes dans la croyance qu’il étaitque c’était inutile ». En présence d’une telle impé-ritie, il est aisé de prévoir ce qui devait se passer.
Turenne ne fut pas cependant sans être averti
(') Après les Mémoires de Turenne, ce sont ceux du maréchalde Puységur (le père de l'auteur des Considérations sur l'art dela guerre) qui fournissent les renseignements les plus intéressantssur le siège de Valenciennes; Puységur y avait pris part en qualité de lieutenant général.