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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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s’avança pas plus loin que Saint-Ghislain, qui futravitaillé et mis à l’abri d’une attaque, au moins pourquelques mois. L’armée française demeura dans leCambraisis jusqu’au commencement de novembre,époque à laquelle elle repassa la Somme pour semettre en quartiers d’inver; l’armée espagnole priten même temps les siens entre Mons et Namut’i 1 )..

Cependant des tentatives de rapprochement entrela France et l’Espagne avaient eu lieu à diversesreprises et pendant la campagne même; mais bienque celle-ci, eiv fin de compte, n’eût donné aux Espa-gnols aucun avantage marqué, Philippe IV refusad’accueillir les ouvertures que Mazarin lui avait faitfaire par l’habile négociateur Hugues de Lionne : ilfallait donc continuer la guerre, et comme il impor-tait de ne plus la laisser traîner eu longueur, lecardinal se résolut à tirer enfin parti de l’alliancecontractée avec la République anglaise. Le 23 mars1657, un traité fut conclu par l’intermédiaire del’ambassadeur que Cromwell entretenait à Parisdepuis le traité de Westminster, le colonel Lockhart,en vue d’engager les armes de la France et de l’Angle-terre dans une action commune : un corps de 6,000Anglais devait se joindre à Turenne pour l’aider àprendre, ou Gravelines, qui resterait à la France, ouDunkerque, dont l’Angleterre se saisirait, à la condi-

(’) Ce fut après cette campagne que Turenno fut nommé défi-nitivement “ colonel général do la cavalerie », chargo qui luiavait été promise depuis la lovée du siège d'Arras. A un autrepoint de vue, qui lui tenait fort à cœur, il reçut aussi satisfac-tion : u On lui accorda, dit Ramsay, une grâce qu’il demandaitdepuis longtemps, celle de no plus servir avec lo maréchal do laFerté, qui avait été mis on liberté, lo Roi ayant payé sa rançon. »