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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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kerque, bien que la saison fut déjà avancée, et on nel’amena pas sans peine à se contenter pour cetteannée de la prise de Mardick, poste dont l’occupa-tion préalable était du reste indispensable pour assu-rer le succès de l’attaque de Dunkerque. 11 ne s’vtrouvait qu’une garnison de G00 à 700 hommes,mais la place était assez malaisée à investir, à causede sa situation au milieu des polders (Q : « il fallaitque toute l’armée passât sur une digue et s’avançât,dans un pays oti il n’y avait de retraite que par lemême chemin par lequel on allait ». 11 est vrai que,dans ces conditions, on n’avait guère à craindre devoir le siège troublé par l’armée espagnole, quis’était retirée, contre l’avis de Condé, derrière lecanal de Bergues à Dunkerque; d’un autre côté, ondevait se garantir contre les sorties de la garnisonde Dunkerque, dont Mardick n’est éloigné que dequelques kilomètres.

Quoi qu’il en fût, Turenne « aima mieux commen-cer une chose très difficile qu’achever la campagnesans rien faire davantage », d’autant plus qu’il comp-tait sur la coopération de la Hotte anglaise, qui croi-sait toujours dans la mer du Nord. Mais les ventscontraires retinrent les vaisseaux au large et le maré-chal, réduit à ses propres ressources, attaqua simul-tanément les deux forts — dits « fort de terre » et« fort de bois » — ce dernier bâti sur pilotis prèsdu rivage — qui composaient alors toutes les défensesde Mardick. Le jour même de l’investissement

(') Au milieu du xvn e siècle, les terres do eetto contrée basseétaient déjà rendues à la culture} mais on n’avait qu’il ouvrir lesécluses au moment du Ilot pour les submerger.