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l’armée française et ne parvînt jusqu’aux lignes,sinon jusqu’à Dunkerque, si bien qu’« il y eut uninstant où les choses furent un peu en balance ».Mais Turenne lui fit barrer le passage par les batail-lons les plus rapprochés, dont la fusillade meurtrièrejeta la confusion parmi les escadrons espagnols: Enmême temps, le maréchal chargeait son lieutenantgénéral Bussy-Rabutin de réunir tous les escadronsqui n’avaient pas encore été engagés et de tombersur l’ennemi ébranlé. La cavalerie de Condé nerésista pas à ce choc; mais son valeureux chef, qui nese tenait pas si aisément pour battu, parvint à lareformer et la ramena à l’attaque, sans plus desuccès, il est vrai. Deux autres furieux retours offen-sifs échouèrent également devant la fermeté des cava-liers français, que l’infanterie continuait à soutenirénergiquement de son feu, et ce n’est qu’à grandepeine qu’en dernier lieu le prince réussit à se dégageret à ramener à Zuydcoote les débris de ses esca-drons.
Quand il se résigna à abandonner le champ debataille, l’aile droite espagnole était déjà .en pleineretraite sur Fûmes et Nieuport : à midi, tout étaitterminé. « Comme on était engagé au siège » et qu’audemeurant l’armée ennemie paraissait en pleine disso-lution, Turenne ne poussa pas la poursuite au delàdu canal de Fûmes. Du reste, on ramassa dans lesdunes ou dans les marais près de4,000 prisonniers,la plupart fantassins et Espagnols « naturels»,comme on disait à cette époque : la bataille deRocroy avait porté un coup mortel à la « vieille infan-terie d’Espagne », si redoutée au xvi° siècle et dans