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on savait que l’Espagne était hors d’état de payercette dette, la renonciation devait rester sans effet,et Louis XIV ne manquerait pas, par la suite, defaire valoir les droits qu’il devait à la prévoyance deson ministre. Après l’achèvement de ces grandeschoses, Mazarin pouvait dire que « si son langagen’était pas français, son cœur l’était », et c’est àjuste titre que les historiens de France considèrent letraité des Pyrénées comme un des plus beaux monu-ments de la diplomatie nationale.
Quant au général dont les succès avaient seulsrendu possible cette paix glorieuse, il reçut en récom-pense de ses services, sinon la charge de connétablede France, dont sa religion l’excluait et que d’ailleurson avait résolu d’éteindre, du moins celle de « maré-chal général des camps et armées du Roi », qui luidonnait la suprématie sur tous les autres maréchaux deFrance (5 avril 1660). Ainsi que le disait Louis XIVdans l’ordonnance qui conférait à Turenne cettedignité extraordinaire : « Nous ne pouvions faire unmeilleur choix, ni qui reçût plus d’applaudissement,pour l’estime et la réputation universelles que lesrecommandables qualités qui sont en sa personne etles grands et signalés services qu’il nous a rendus età cet État, lui ont acquises. »