APPENDICE AU LIVRE II.
CAMPAGNE DE 1067 DANS LES PAYS-BAS(GUEKRE “ DK DÉVOLUTION ».)
La campagne de 1667 dans les Pays-Bas, que Louis XIV con-duisit en personne et où Turenno exerça le commandement del'armée principale, est loin d'offrir le même intérêt que les autrescampagnes du maréchal. Si jamais expédition mérita le nom de« promenade militaire », dont, on abuse quelquefois, c’est, à coupsùr, cette guerre sans batailles, sans combats importants, sansmanœuvres même, et qui consista uniquement dans la prise devilles, dont une seule fit une résistance un peu sérieuse. Aussicroit-on devoir se borner ici à un précis sommaire des opérations,ou pour mieux dire des événements.
Comme l’habile Mazarin l’avait bien prévu, l’Espagne s’était,trouvée hors d’état, de payer la dot de l’infante devenue reine deFrance, dont la renonciation à la succession de son père devenait,par suite, de nul effet. C’est ce que commença par faire valoir ladiplomatie française lorsqu’à la mort do Philippe IV, arrivéeen 1665, elle réclama les Pays-Bas en vertu du « droit de dévo-lution ». C'était, en effet, la coutume dans le Brabant que l’héri-tage paternel fut donné ou dévolu aux enfants du premier lit, àl’exclusion de ceux qui pouvaient naître de mariages subséquents.Or, le successeur de Philippe IV était un enfant du second lit,Charles II, dont les droits à la couronne d'Espagne n’étaientnaturellement ni contestables ni contestés, mais qui, d’après lesjurisconsultes français, n’avait aucune prétention à élever sur lesPays-Bas, patrimoine de la branche espagnole de la maisond’Autriche, et non possession de la couronne, cette provincerevenait donc à la reine de France, issue du premier mariage deson père. La cour d’Espagne, en soutenant que le droit de dévo-lution, simple coutume civile applicable aux héritages dos parti-culiers, ne pouvait être invoquée dans l’ordre politique pourrégler la succession des empires, réduisit à sa juste valeur l’argu-