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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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tout esprit militaire dans le pays. Du reste, lesFrançais furent bientôt embarrassés de leurs succès,et leur armée se trouva affaiblie par les détachementsqu’elle était obligée de laisser dans les villes con-quises, au point qu’il fallut rappeler la plus grandepartie du corps qui était resté à Maaseyk, sousChamilly, pour intercepter les communicationsde Maestriclit. avec la Hollande. Aussi, Turenne,d’accord cette fois avec Condé, qui continuait àdonner des conseils par lettres, proposa-t-il ùLouis XIV de ne garder que les places les plus impor-tantes et de raser les autres; mais le Roi en futdétourné par Louvois, dont l'influence continuait àl'emporter, le plus souvent, sur celle des généraux.

C’est ainsi qu’on put à peine envoyer 4,000 che-vaux, aux ordres du marquis de Rochefort, pourprendre possession d’Utrecht, que l’armée hollandaisevenait d’abandonner. Effectivement, les Etats-Géné-raux, effrayés des progrès de rennemi, avaient pris larésolution de faire lâcher les écluses et rompre lesdigues en avant d’Amsterdam et dans toute la provincede Zuid-IIolland, en dépit des ruines publiques etparticulières que cette mesure extrême devait entraî-ner. Le prince d’Orange, qui ne disposait plus que de13,000 hommes, par suite des secours bien inutilesqu’il avait dû jeter dans les places, avait reçu l’ordrede se retirer au milieu des inondations pour en fermerles intervalles. En conséquence, il avait réparti sestroupes en cinq petits corps, postés à Gorkum, à

succès contre les troupes de Cologne et de Munster, et leurenleva ensuite Coeworden.