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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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ibis là, il n’avait plus qu’à voir venir ses adversaires :« Je ne m’éloignerai pas trop de ces quartiers avantd’avoir vu les Allemands passer le Weser et connuleur dessein, écrivait-il à Louvois ; car j’irai à eux enbien meilleur état que si, m’étant trop avancé, ilsvenaient à moi et m’obligeaient à me retirer faute desubsistances, ce qui ferait une mauvaise démarche àlin commencement d’hiver... M. de Tott, envoyé deSuède, qui, venant d’eux, passe par ici, m’a dit quece passage du Rhin de l’armée du Roi leur fait prendred’autres conseils et qu’ils ne s’y étaientpas attendus. (’)»En effet, le Grand Électeur et Montecuccoli, quis’avançaient déjà sur Munster, avaient renoncé à leurentreprise aussitôt qu’ils avaient été informés dumouvement des Français, et s’étaient déterminés àmarcher par leur gauche, dans la vue de franchir leRhin aux environs de Cologne et de tâcher de seréunir au prince d’Orange, sur la Meuse. Turenne,pressentant leur projet, décampa alors de Steele pourse rapprocher du lleuve (30 septembre), et se postad’abord à Wittlaer, près de Kaiserswerth, ensuite àMülheim, aux portes mêmes de Cologne (7 octobre).Les alliés balancèrent s’ils n’iraient pas l’y attaquer,et c’est à quoi se serait vraisemblablement résolu Fré-déric-Guillaume, si Montecuccoli, fidèle aux instruc-tions qui lui prescrivaient d’éviter toute occasion decombattre, n’avait insisté pour qu’on allât chercher,plus au sud, un point de passage qu’on n’aurait pasbesoin de disputer à l’ennemi. Ils se dirigèrent donc

(■) Turenne à Louvois, de Bauerbeek (Borbeck) près d’Essen,22 septembre 1672.