— 292 —
vers Coblenz : mais l’électeur de Trêves, à qui celteplace appartenait, ne voulut pas leur permettre de seservir des ponts du Rhin et de la Moselle, de sortequ’il leur fallut se rabattre sur Mayence. Là encoreils se heurtèrent à un refus : l’archevcquc-électeurs’opposa à ce qu’ils traversassent ses États et ils s’ar-rêtèrent à Bergen, près de Francfort, incertains de ladirection à suivre.
S’ils avaient pu entraîner Turenno après eux,comme ils s’en étaient flattés, ils n’auraient eu qu’àremonter rapidement vers le nord, de façon à forcerle passage à Cologne ou au-dessous. Mais le maréchal,informé que le prince d’Orange rassemblait une arméede 20,000 hommes aux environs de Berg-op-Zoom,n’avait pas eu de peine à démêler les véritables inten-tions de Frédéric-Guillaume : évidemment, celui-ci necherchait qu’à rejoindre le prince, et, pour empê-cher cette réunion, il importait beaucoup moins decourir à la suite de l’armée austro-brandebourgeoiseque de s’interposer constamment entre elle et l’arméehollandaise. À ce point de vue, Miilhcim constituaitune excellente position d’atlente, puisque, de là,Turenne pouvait se porter, selon les circonstances,vers le nord ou vers le sud, agir sur la rive droite dufleuve ou sur la rive gauche, et, dans tous les cas,prévenir la jonction de ses adversaires entre Rhin etMeuse.
Louis XIV et Louvois, ne comprenant pas les rai-sons qui poussaient le maréchal à rester immobileaux environs de Cologne, le pressaient de marcherdroit au Main, comme s’il pouvait, avec scs 20,00ühommes, venir à bout autrement qu’en manœuvrant