— 293 —
d’une armée bien supérieure en nombre, — doublemême depuis que le duc de Lorraine, accédant autraitée de la Ilaye, lui avait amené un renfort de5,000 hommes. On s’inquiéta encore bien davantageà la cour, lorsque l’ennemi eut fait répandre le bruitqu’il se disposait à passer le Main et à pénétrer enAlsace par Strasbourg. Une armée de 6,000hommes (*), dont Condé, guéri de sa blessure, reçutle commandement, fut rassemblée en toute hâte àMetz, et Turenne reçut l’ordre de se tenir prêt àmarcher au secours de l’Alsace. Le maréchal ne puts’empêcher de faire observer que l’ennemi n’étaitguère en mesure de faire autre chose que des démon-strations de ce côté, les places étant nombreuses entreles Vosges et le Rhin, et la saison, trop avancée, nepermettant pas d’entreprendre des sièges : toutefois,ayant appris que les alliés s’étaient portés de Bergenà Iloochst (25 octobre), il crut devoir se rapprocherd’eux, leva son camp de Miilheim et, longeant leRhin, se dirigea par Erpel sur Neuwied, où ilarriva le 6. Ayant eu la précaution de se faire suivred’un pont volant, il était en état de passer d’une riveà l’autre à la première alerte,
Le lendemain, l’armée combinée quitta Iloechslpour venir à Floersheim, à moins de trois lieues deMayence. Frédéric-Guillaume était bien résolu cette
(') Presque tous les mémoires du temps disent 18,000 hommes ;mais ils se font ici l’écho du bruit que Louis XIV fit répandre àdessein pour donner à réfléchir à l’Électeur. C’est pour la mêmeraison que le commandement de ce faible rassemblement futdonné au prince do Condé, dont le nom ne pouvait qu’imposerà l’ennemi.