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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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fois à passer, en dépit des protestations de l’Électeur ;mais celui-ci ayant fait rompre son pont, les Bran-debourgeois et les Impériaux franchirent le Main(18 novembre) et commencèrent à jeter un pont debateaux vis-à-vis de Wcissenau, entre Mayence etOppenheim. A cette nouvelle, Turenno traversa leRhin à Andernach, en aval de Neuwicd (19 novem-bre), laissa 2,000 hommes à la garde du pont volant,et alla s’établir le 23 au delà de la Moselle, à Wiltlich,afin de se maintenir toujours entre les Hollandais etleurs alliés (’). Ce n’était pas, toutefois, ces derniers

I*) Condé, lui, s’attendait plus que jamais à être attaqué parl’Ortenau; lorsqu’il apprit le passage du Main, il ne douta pasque les alliés ne se dirigeassent sur Strasbourg, et comme ilcraignait que les magistrats de cotte ville libre n’accordassent àl’ennemi tout ce qu’il demanderait, il chargea le gouverneur deHrisach de détruire le pont do Kchl en lâchant sur le fleuve desbateaux remplis d’artifices, ce qui fut ponctuellement exécuté.On conçoit d’ailleurs qu’avec ses 6,000 hommes, le prince ne pou-vait être rien moins que rassuré, mais il n’en est pas moins curieuxde l'entendre se plaindre à Louvois de la quiétude de Turennoet du peu de cas que faisait celui-ci do ses communications etréclamations. C’est ainsi qu'il écrivait au ministre de la guerre(du camp de Créhange, 12 novembre) : “ M. do Turonne... m’afait dire qu’il ferait passer une ou deux batelées do troupes àAndernach, sans s’expliquer plus positivement do la quantité nide la qualité ; mais qu’il me priait de no leur envoyer aucunordre, parce que c’était à lui à juger quand il me les faudraitenvoyer; que s'il apprenait que les ennemis passassent le llhin,il en ferait passer un plus grand nombre, et qu’il passerait lui-même avec toute l’armée, mais toujours me priant de no pas lesenvoyer quérir, parce que, disait il, il était plus à portée que moipoul'les faire marcher quand il faudrait; qu’il me conseillait dono pas m’avancer plus loin que Cirq (Sierck) .. car il savait biondo ce qu'il disait et qu’il l’avait mandé au Roi. » On voit quo siCondé n’avait pas gagné en hardiesse depuis Fribourg et Noord-lingen, Turc-nne avait gagné en expérience et en autorité.