— 310 —
bien aussitôt à leur poursuite ; mais ses troupes, fati-guées par la longue marche qu’elles avaient dû fairela nuit précédente, ne purent dépasser Aub, et siMontecuccoli eût déployé tant soit peu d’activité,il fût certainement parvenu à distancer l’armée fran-çaise.
Au lieu de cela, le général impérial s’arrêta àMarkt-Breit et Ober-Breit, s’étendant jusqu’à Och-senfurt, ce qui permit à Turenne, maintenant éclairésur ses véritables desseins, de se porter sur Dunkel-bausen (entre Ochsenfurt et Wurtzbourg) et de lecouper du bas Rhin, ou du moins d’être en posturede le faire. Mais un événement imprévu, contrelequel on aurait cependant dû se mettre en garde,vint peu de jours après modifier de nouveau les situa-lions respectives. Le prince-évêque de Wurtzbourg,après s’être engagé à rester neutre, se laissa gagnerpar Montecuccoli — qui, peut-être, n’était restéimmobile que parce qu’il croyait pouvoir escomptercette défection — et reçut dans sa ville une garnisonimpériale. Ainsi maître d’un des principaux passagesdu Main, l’ennemi put jeter des partis sur les der-rières de l’armée française et l’inquiéter pour sessubsistances. Outre les magasins qu’une trop grandeconfiance avait fait installer à Wurtzbourg et que leprince-évêque n’eut point scrupule de livrer auxImpériaux, Turenne se vit enlever la grande bou-langerie qu’il avait établie à Wertheim et les approvi-sionnements en grains et farines réunis sur ce point,par un parti d’infanterie qui avait descendu le Mainen bateaux; pendant ce temps, un détachement de4,000 chevaux, passant la rivière à Wurtzbourg,