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Il faut dire que, jusqu’à la fin de la guerre deTrente ans, la France avait dans les protestantsd’Allemagne des alliés d’autant plus sûrs qu’en lasoutenant ils défendaient leur propre cause, tandisqu’à présent, justement inquiets de l’ambition effrénéeque démasquait Louis XIV, les princes et villes libresdes bords du Rhin et du Main se renfermaient dansune neutralité malveillante qu’ils étaient prêts àrompre dès qu’ils en trouveraient l’occasion. Toutesces causes paralysant l’action de Turenne, Montecuc-coli put attendre impunément dans son camp de Markt-Breit que l’arrivée de divers renforts (et notammentdes troupes bavaroises, que le duc Charles IV joignaitcomme l’année précédente à la coalition) lui donnâtune telle supériorité numérique qu’il pût entrepren-dre sans beaucoup de risques sa grande marche versle nord. Enfin, le 26 septembre, il mit en mouvementson armée, forte maintenant de 40,000 hommes, etse dirigea par Kitzingen, Wurtzbourg, Zellingen etSteinfeld sur Lohr, où il jeta deux ponts sur le Main;le 4 octobre, il franchit cette rivière et vint prendreson camp près de Wiesthal, dans le Spessart, où ilresta jusqu’au 9.
Il n’avait plus guère à craindre que les Françaismissent obstacle à sa jonction avec le prince d’Orange;mais il redoutait que, lorsqu’il serait éloigné vers lenord, Turenne ne se livrât à quelque entreprise contrele territoire de l’empire. Aussi tenait-il à le fairesortir de la Franconie, et pour l’obliger à évacuer cepays, il jugea utile de faire une démonstration surPhilippsbourg, qui était devenue la véritable based’opérations de l’armée française. A cet effet, il se