Buch 
Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
Entstehung
Seite
344
JPEG-Download
 

— 344

Turenne lit commencer l’aclion par sa droite, ettout d’abord chargea les dragons du chevalier deBoufflers d’enlever le petit bois situé au nord-ouestd’Enzheim, et qui paraissait former le principal appuide la gauche ennemie. Bournonville venait d’yenvoyer 2 bataillons et 4 pièces, qui firent unetrès vive résistance; de part et d’autre, on renforçaprogressivement les troupes engagées, et bientôt laplus grande partie de l’infanterie des deux armées setrouva employée à l’attaque ou à la défense de cetaillis de 1,000 pas de long sur 500 de large, dontl’importance grandissait en raison du prix qu’on sem-blait attacher à sa possession; bon nombre d’esca-drons, tant allemands que français, s’avancèrent éga-lement en soutien, sans prendre toutefois une partactive au combat. Telle était à cette époque la len-teur des manœuvres et le peu d’ellicacité des feux,que la lutte, concentrée sur ce point, se poursuivitpendant cinq heures sans avantage marqué; enfin,au troisième assaut, les Français parvinrent à délogercomplètement l’ennemi, dont la gauche se trouvaainsi forcée de reculer.

Mais, dans le même temps, la gauche de Turenne setrouvait autrement compromise. Dans les premiersmoments, le maréchal avait tiré des renforts de saréserve et de sa seconde ligne ; puis il en vint à dé-garnir aussi sa première ligne et peu à peu attirapresque tout son centre vers sa droite, de sorte qu’ilse produisit un grand vide entre le corps de bataille etl’aile gauche restée en position. Bournonville, s’en étantaperçu, lança dans cet intervalle les escadrons de lapremière ligne deCaprara. A leur approche, Foucault