tage, la bataille eut été décisive; mais il est allé lemême jour à une lieue et demie en arrière; il apoussé dans cette occasion la circonspection jusqu’àla témérité : il savait mieux que cpii que ce soit l’in-fluence de l’opinion à la guerre. »
Turenne sentait si. bien lui-même qu’il n’avaitatteint qu’imparfaitement son but, qu’il n’envoya queplusieurs jours après son rapport sur la bataille, « depeur, disait-il, qu’après avoir mandé une bonne nou-velle, cela ne fût suivi d’un mauvais succès par l’arri-vée de M. de Brandebourg ». Se trouvant trop enl’air sur la Brusclie, il alla, le 7, s’établir un peuen arrière, à Marlenlieim, la droite à la Mossig,et s’y retrancha soigneusement : cette position étaitparfaitement choisie pour couvrir Saverne et les pas-sages des Vosges, car l’ennemi ne pouvait entrer enLorraine sans lui prêter le flanc. Le 13, arrivèrentles 3,000 gentilshommes (48 escadrons) de l’arrière-ban que lui amenait le maréchal de Créqui ; mais enmême temps il apprenait que l’armée brandcbour-geoise, forte de 20,000 hommes (10 régiments d’in-fanterie, 14 de cavalerie et 2 de dragons), venaitde traverser le pont de Kelil et qu’elle avait opérésa jonction à Ulkirch avec les troupes de Bournon-ville ('). Aussi insistait-il pour que l’on pressât l’envoi
(') Frédéric-Guillaume ne s’était engagé à fournir que16,000 hommes; mais il paraît que la qualité n’était pas enrapport avec la quantité, si l’on en croit Verjus, agent françaisà Herlin. Il écrivait à Louvois le 20 juillet : « Les troupes doM. l'Electeur sont composées de très beaux hommes ; mais ils nesont nullement exercés, et je vois que ceux du régiment des gardesconnaissent à peine leur droite et leur gauche... Il y U de l’appa-rence qu’on verra bien de la division et du désordre parmi ces